Episode 1 - Partie 4.
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_____Episode : [ Comment tout commenca mal. ]
Musique : [ Natalie Mechant / My Skin ]
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__________> Le rire pur, le rire d'enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés.
[Arnaud Desjardins]
Le bonheur est éphémère. Et si personne ne l'affirme aussi durement, tout le sait. Pourtant la plupart d'entre nous, se disent, qu'ils y arriveront, à acquérir ce sentiment virtuel pour l'éternité. Jaiden est réaliste, et quand le doux mot "bonheur" se fraie un chemin jusqu'a ses oreilles, un goût de mensonge vient se loger sur sa langue. Parce que, en imaginant, qu'elle est eut un peu plus de chance, elle aussi, elle aurait pu bassiner les autres avec cet enfoiré de bonheur. Mais pour le moment, Jaiden arpente les couloirs de la rédaction. Si elle est incapable d'être sentimentale ou humaine, elle en tous les cas, une bonne patronne. Elle est arrivée a la place du chef par hasard, et s'est découvert un talent de dirigeant assez important. Le "Jet Dailyes", magazine féminin, s'arrache dans les rues de Belladown, comme dans celles de New-York ou Los Angeles. Aucun de ses employés, ne peux affirmer qu'il sait quelque chose d'elle, si ce n'est les rumeurs permanentes, colportées à son sujet. Mais sur son bureau, trône un cadre photo dans lequel Aaron reçoit son diplôme et un autre où Noam ne doit pas être âgé de plus de deux ans. Il est 18h, quand elle quitte les bureaux. Elle allume une cigarette, les pieds a peine sur les trottoirs, et demande au portier de lui héler un taxi. Une voiture s'arrête. Le chauffeur lui demande d'éteindre sa clope, et non sans ruminer, Jaiden s'exécute. A sa demande, le taxi s'arrête 15minutes plus tard, devant le Mémorial Hospital of Belladown. Elle paye sans pourboires avant de traverser les couloirs de l'hospice. Anette, la standardiste, la salue. La vieille femme afro-américaine, connait bien cette jeune demoiselle, puisqu'en effet, il y a six ans, Anette était déjà là. Jaiden tente un petit sourire sans y parvenir et s'enfonce dans la chambre 233. Elle se rue sur le corps, allongé sur un lit au milieu de la pièce et le serre dans ses bras comme craignant de le perdre. Mais il est déjà trop tard et elle le sait. Elle se lève après quelques secondes, fais le tour du lit, et vérifie ses constantes. Elles ont un peu diminuées mais rien d'anormal. Enfin, elle s'asseoit sur le fauteuil, a la droite du lit d'Aaron.
- "Il va falloir que tu te réveilles, mon Ange!" Gronde t-elle.
Les medecins lui ont dit cent fois au moins qu'Aaron n'entendait pas le monde extérieur, mais rien ne semble persuader Jaiden.
- "J'y arrives plus. Vraiment. Et si tu le voyais, notre Prince. Il est malheureux à un point que tu imagines a peine. Je pensais être la plus à plaindre dans cette histoire, mais c'est faux." Elle se tait en regardant le sol, avant de rapprocher le fauteuil pour pouvoir lui prendre la main. "Je... Je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à l'aimer, parce qu'il est tout toi, et que je t'en veux. Je t'en veux d'avoir fait en sorte que je tombe amoureuse de toi, parce que, regarde moi : Sans toi je ne suis rien. C'est terrible de se dire qu'on a besoin d'une personne pour être quelqu'un a part entière."
Elle se tourne vers la fenêtre sans lâcher sa main. Jaiden fait semblant d'observer le paysage, alors qu'en réalité elle cache ses larmes comme il pouvait les voir. Sa dépendance a lui, l'a bousillée. Elle a besoin de lui, comme d'autre a besoin de cachet ou d'injection. Simplement, parce que ces drogues là, vous fait devenir la personne que vous désirez être, sans aucunes conséquences. Du moins, jusqu'a l'arrivée de la prise de conscience des limites de cet drogue. La limite, pour Jaiden a été dépassée, le jour où elle a baigné ses mains dans le sang d'Aaron un beau matin, sur le carrefour Bender. Elle se penche sur lui, pour embrasser ses lèvres, a peine tièdes.
- "Allez, Bichon, arrêtes de faire le con. J'ai compris la leçon : J'ai besoin de toi. Tu peux revenir. Tu reviendras, hein, mon amour?"
La porte s'ouvre doucement sur une silhouette fine, et tendrement ondulée. Jaiden se laisse tomber contre le dossier du fauteuil, alors que Lillwenn embrasse sur la joue, son frère. La jeune femme, bouche fermée, sourcils froncés a quelque chose à dire. Cela se lit dans son visage, et Jaiden attend la claque. Lillwenn s'adosse contre le mur alors que Jaiden avoue sa faute.
- "Je... Je ne savais même pas à quel heure il quittait l'école." Murmures t-elle, désolée.
Lillwenn hausse les épaules avec détachement.
- "Ne t'en fais pas, il s'en doutait."
Jaiden est d'abord surprise, avant de ne pouvoir réprimer un petit rire nerveux. Lillwenn s'approche, inquiète.
- "Je... Je crois que c'est le pire. Non?" Demande la jeune mère.
Lillwenn s'accroupie aux pieds de sa meilleure amie, et lui lance un regard tendre qui l'incite a parler.
- "Comment un gamin de 5ans, peut-il s'attendre a ce que sa mère le decoive, a chaque fois?"
- "En t'ayant comme maman!" Accuse froidement Lillwenn.
La jeune brune la regarde, choquée, par tant de franc-parler. Lillwenn Walker est une musicienne de talent. Pianiste et violoniste reconnue, elle est célèbre, et pourrait l'être plus encore si son rôle de seconde mère n'était pas si prenant. Jaiden l'a toujours admiré en silence, cette gamine, paraissant au premier abord fragile et naïve mais si se révèle être une femme ferme et juste. Si un jour vous la rencontriez, ne vous attendez pas à ce qu'elle vous couve de compliments, et d'hypocrisie. Les pensées de Lillwenn deviennent toujours des mots dits. Pour le meilleur et pour le pire.
- "Tu veux le voir heureux ton fils, dis moi?" Lui demande t-elle en colère.
- "Bien sûr!" Bafouille Jaiden.
- "Alors reprend toi! Noam ne voit qu'une épave, qui n'a pas sut être assez forte contre la vie. Comment veut-il qu'il apprenne le sens du mot bonheur, si toi même tu es incapable de démontrer que cela existe, Jay?"
Lillwenn hurle. Elle crache, toute cette amertume, toutes ses absences, toutes ses vies gâchées. Elle non plus, elle n'en peux plus. Mais la vie lui interdit de se relâcher parce que bien trop nombreuses sont les personnes qui comptent sur elle pour leur prouver qu'un de ses jours, tout ira bien.
- "Je sais qui je suis, Lil!" Entre larmes et hurlement, Jaiden vient de se lever pour mettre sur ON le mode colère. "Et je sais aussi ce que voit mon fils, et ce qu'il devrait voir. Mais je suis debout! Je trouve la force de me lever chaque jour! Alors pourquoi? Pourquoi, lui ne fait-il pas la même chose, hein?"
Elle s'est précipité sur le lit d'Aaron et s'est violemment penché sur lui.
- "Réveil toi, Aaron! Il faut que tu te réveilles! Pour ton fils!" Elle à l'air d'une folle s'y vous la voyiez. Elle hurle, dans un bain de larmes, sur un corps inerte. "Pourquoi tu m'as laissé, hein? Tu m'as abandonné Aaron!"
Enfin, elle crie à son mari, ses fautes, et ses erreurs. Et bien que cela ne soit pas réellement les siennes, elles y trouvent un bien fou. Lillwenn l'enserre pour l'écarter du malade, dans le coma. Elle l'assoit, et se replace à sa place initiale, accroupie devant elle, la regardant tendrement. La jeune fille caresse doucement les joues de sa belle soeur, effaçant au passage quelques larmes, a défaut de pouvoir effacer les blessures. Lillwenn lui sourit, et Jaiden a l'impression de lire dans le regard de sa meilleure amie "Je suis fière de toi". Un étrange rire suraigu, parvient jusqu'au deuxième femme. Un rire d'enfant, que Jaiden ne se souvient pas avoir déjà entendu, ou alors si peu souvent. La jeune maman se lève.
- "C'est Noah?" Demande t-elle timidement en esuyant quelques perles salées.
Lillwenn hoche la tête fautivement : Elle sait parfaitement que Jaiden ne veux pas voir son fils ici. Noam n'a jamais vu son père. En photos, si, bien sûr. Mais le voir, des tuyaux dans les narines, dans les bras, des balafres encore loin de disparaître, Jaiden s'y oppose formellement. Noam a cinq ans. L'âge où notre maman est la plus parfaite, et où notre père est un super héros. Sa mère est déjà loin d'être parfaite, alors, hors de question de lui briser une seconde illusion. Avec colère, elle ouvre la porte de la chambre et se rue dans le couloir a la recherche de son fils en se demandant qui a pu faire ce mélodieux son alors qu'elle, elle en est incapable.
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